Peinture – édité en 2005

> Michel de Matteis
> Expo – Madagascar

Texte écrit par Olivier Piot, tiré du livre.

Michel de Matteis se défend d’être un homme de mots. Pourtant, passée cette appréhension, ou cette pudeur, voilà le type de texte qui naît sous sa plume. Fièvres : des lignes fortes, sensuelles, chargées de couleurs, d’odeurs et de bruits. Un univers de terre, d’air, d’eau et de feu dans lequel les hommes vivent et cherchent leur route. Une alternance de rythmes longs et brisés, comme des traces de pinceau, mouchetés de tâches de couleurs vives et exotiques.

Deux spots fixés au plafond éclairent le tableau à peine ébauché. Michel se prépare. Il met ses chaussures de peintre, enfile un bleu de travail puis rabat le haut sur ses hanches. Face à lui, une toile sur châssis de 130 sur 165 cm attend. Bordures blanches, une diagonale bleue qui serpente, ocres sur la partie haute, verts sur le plan inférieur. Les premiers tracés sont plein d’une huile épaisse, ça et là diluée, brossés comme des impulsions. Il fait froid dans cet atelier du 1er arrondissement de Lyon mais le peintre ne semble pas s’en rendre compte. “Pas trop de blanc ! Surtout, pas trop de blanc !

L'île au trésor - 2004 - Huile sur toile - 130x195 cm

L’île au trésor – 2004 – Huile sur toile – 130×195 cm

Des mots pour se guider. Peu à peu hypnotisé par la peinture qui naît de ses gestes rapides, il les accompagne parfois de phrases qu’il se lance à lui-même. De commentaires, aussi : « J’ai besoin de ce format de toile. Cela m’aide à m’impliquer physiquement ». Entièrement tendu par son énergie de création, le peintre avance, recule, s’arrête. Une spatule dans la main gauche, un pinceau dans la main droite. Tel un animal, il est à l’affût de la moindre sensation, du plus petit désir subit.

Ses couleurs, Michel les saisit à l’instinct. Chaque choix est un assaut, une envie non maîtrisée.
Les tubes sont écrasés sur sa table de couleur, ou appuyés à même la toile. Matières premières de formes libres et sauvages, les teintes se chevauchent, se mêlent, s’opposent.

Et c’est par ce jeu de fragmentations linéaires que le peintre esquisse ses premières ruptures de plan. Devant lui, interrogé par strates et couches successives, un imaginaire cherche à trouver son chemin. “Je n’aime pas les formes trop lisibles. C’est pour cette raison que je me situe entre abstraction et figuration. Pour moi, l’essentiel est de peindre un climat, de retrouver non pas les objets réels mais les sentiments qu’ils m’inspirent”.

Sans titre - 2004 - huile sur toile - 130x162 cm

Sans titre – 2004 – huile sur toile – 130×162 cm

Un thème, toutefois, guide sa main. Depuis plusieurs mois, Michel travaille sur les jardins et la végétation. Quelques lignes verticales coiffées de panaches verts laissent imaginer des arbres. Peut-être des palmiers… Mais rapidement ces premières formes se dissipent, estompées par d’autres traits de couleur. On les devine toujours, ces arbres, mais ils ont perdu leur contours figuratifs. Même chose pour ce fleuve bleu qui paraissait d’abord traverser la toile. “À ce stade, ce n’est plus important que ce soit un fleuve ou autre chose.
Ligne d’opposition entre les deux plans, il a maintenant un rôle plastique dans la composition du tableau. Cette abstraction permet à celui qui regarde de s’approprier la toile en trouvant son propre cheminement vers l’émotion”.

Comme toujours lorsqu’il peint, Michel a branché sa chaîne stéréo. Une musique forte envahit l’espace de l’atelier. Mélodies classiques, chansons populaires, airs sud américains : “Peu importe le style, cette ambiance me procure un stimulant. J’aime ce qui, à un moment donné, me rapproche du grandiose en me procurant transport et évasion”. À plusieurs reprises, le peintre, qui ne semblait pas jusqu’ici prêter attention aux ondes sonores, vient instinctivement arrêter la cassette. Il rembobine la bande et repasse un passage bien précis, celui qui lui paraît le plus en phase avec sa recherche picturale. Un peu comme si subitement musique, gestes et couleurs formaient un seul et même élan vers cet univers en gestation.

Lorsqu’il se sent sur la bonne tonalité musicale, Michel reprend sa place devant la toile.
Sur sa table de couleurs, tubes, pinceaux et ustensiles en tous genres s’enchevêtrent.
L’ordre ici n’a pas d’importance. C’est la “cuisine” du peintre. Son établi. Spatules de maçon, couteau à mastique, morceaux de carton, brosses, lame de parquet… Autant d’outils avec lesquels l’artiste joue pour “varier les touches et la largeur des traits”. Une façon aussi de “changer les écritures et les rythmes sur la toile”. Comme pour illustrer son propos, Michel saisit un large pinceau et brosse énergiquement des horizontales de couleur rouge. Son geste est si vif qu’on entend la brosse frotter la toile jusqu’à la percer. Puis il s’empare d’une lame de parquet, l’appose sur son tableau, comme une règle, et trace des diagonales de peinture jaune.

“J’ai besoin de créer des ruptures. Lorsqu’un motif s’impose trop vite, il m’enferme et il est rare que je m’en contente. C’est un peu comme si j’avais d’abord besoin de laisser s’installer les choses, comme un passage obligé. Et c’est seulement ensuite que je casse les formes pour rebondir”.

Un jardin - 2004 - Huile sur toile - 180x350 cm

Un jardin – 2004 – Huile sur toile – 180×350 cm

Moment délicat, car c’est à cet instant précis que le tableau paraît échapper à l’artiste.
Les images se bousculent, les intentions s’entrechoquent. Mais les couleurs et les formes semblent subitement avoir une vie autonome. “Il faut des surprises. Je me laisse guider. C’est la peinture qui commande et qui m’emmène. Il faut juste que j’essaie de la tenir”. Une sorte de transe s’installe. Le peintre est sur un fil de création. Une sorte d’équilibre précaire indispensable pour “aller plus loin dans la composition et finalement entrer dans un monde merveilleux”.

C’est bien de merveilleux qu’il s’agit. Dans un autre de ses textes intitulé Une île à la campagne, Michel a là encore accepté de dire avec des mots ce qu’il exprime d’habitude par la peinture. “Je suis dans l’air, dans la nuit, sous la lune. Il y a dans les nuages au clair de lune des pensées, des messages, et lorsqu’ils se déplacent ils transportent les mots sur les continents et c’est en levant la tête que nous pouvons écouter le monde entier. (…) J’accrochais toujours des phrases aux arbres, des mots sur les feuilles, des mots dans l’herbe, des mots dans les airs, j‘ouvrais la porte d’un vaisseau duquel j’étais le seul à faire face à un nouveau monde. Je le voyais “exotique, poétique”, ce monde. Une grande expédition, quelles que soient les traversées qu’on puisse faire, il s’agit de grands voyages, de grands vols au dessus des pensées, des nations, des mentalités, des moeurs, des illusions ; il s’agit de vols au dessus des regards où les hommes ont construit”.

Quels que soient les thèmes sur lesquels Michel a pu travailler ces dernières années, son intention est restée inchangée. “Quand j’étais petit, je me souviens que je prenais en photo des objets insignifiants comme les poubelles ou les papiers gras, jamais des personnes ou les membres de ma famille”. Paysages urbains des favelas, jardins et végétations, barques… les thèmes qui ont jusqu’ici inspiré le peintre sont traités sans que l’homme y soit directement représenté.
Ils sont là, pourtant, ces hommes, par les traces qu’ils laissent et toutes ces productions, constructions ou objets, par lesquelles ils marquent sans cesse leur territoire.

Bidonville - 2000 - Huile sur toile - 55x73 cm

Bidonville – 2000 – Huile sur toile – 55×73 cm

En évoquant sa longue série de tableaux sur les bidonvilles, Michel explique sa quête. “J’ai besoin de m’évader et de rêver. La peinture est ma façon de partir à l’aventure. Mais dans mon exotisme, il y a toujours du précaire, comme ces morceaux de papier gras qui me fascinaient, enfant, sur les bords de la route. Nos sociétés occidentales sont trop construites, trop lissées. Ce que j’aime dans les structures urbaines des pays pauvres, c’est que le précaire y domine. Rien n’est établi, rien n’est écrit une fois pour toute. On s’y sent fort et libre. J’ai souvent le sentiment de trouver dans ces pays une forme d’humanité que nous avons perdue”.

Merveilleux, exotisme, humanité. Si ces mots n’épuisent pas la démarche artistique du peintre, ils fournissent des clés pour qui cherchera à mieux connaître son univers intérieur et sa poésie. Mais aussi son besoin impérieux de peindre. Car derrière ses tableaux chargés, rythmés en plans et perspectives, tendus par des jeux de couleurs épaisses, riches et envoûtantes, d’une abstraction presque saturée, se cachent des mondes réels et imaginaires.

Qu’importe, au fond ! Chacun sent bien à présent que les toiles de Michel de Matteis sont composés de vendeurs de beignets, d’enfants jouant sur la plage, mais aussi de terres humides, de bateaux échoués ou de poissons pendus dans les arbres. Une poésie picturale, riche et nourricière, adressée à tout ceux qui cherchent une route vers le merveilleux.

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